Catégorie : Naturisme

Articles de fond sur le naturisme : valeurs, science, pratique.

  • Foire aux questions du naturisme

    La Fédération Française de Naturisme tient une foire aux questions destinée à celles et ceux qui découvrent le naturisme — ou qui aimeraient bien essayer. Nous en reprenons ici les questions, avec nos réponses et, quand c’est utile, ce que cela implique concrètement à l’ANP.

    Comprendre le naturisme

    Le naturisme, c’est quoi ?

    C’est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par la pratique de la nudité en commun, qui favorise le respect de soi-même, des autres et de l’environnement. C’est la définition retenue par la Fédération Française de Naturisme, et celle qui fonde notre charte.

    Quelle est la différence entre nudisme et naturisme ?

    Nous sommes tous nudistes… sous la douche. Être naturiste, c’est pratiquer cette nudité en société — ce qui engage le respect de soi, des autres et de la nature. Le naturisme, c’est le nudisme plus un état d’esprit collectif.

    Que va m’apporter le naturisme, à part me promener sans vêtements ?

    La nudité n’est qu’une étape : elle retire les barrières entre le corps et son environnement. Ce qui reste, c’est une tolérance réelle envers l’autre — mince, rond, grand, petit, jeune, âgé, cheveux longs ou crâne rasé — sans étiquette sociale. Tout le monde est logé à la même enseigne, et c’est précisément ce qui rend les rencontres différentes.

    Vous vous enfermez dans des camps… ça ne fait pas un peu secte ?

    Le mot « camp » appartient à une autre époque : on parle aujourd’hui de villages et de centres de vacances, avec les mêmes standards de qualité et de sécurité que le reste du tourisme. Et l’ANP, elle, n’est pas un lieu fermé : c’est une association parisienne qui loue des créneaux dans deux piscines municipales.

    Pourquoi les naturistes mettent-ils parfois un tee-shirt mais rien en bas ?

    Parce que le corps prend froid d’abord aux épaules et au haut du corps. Les naturistes ne couvrent donc que ce qui a froid. Vu de l’extérieur c’est étrange ; en pratique c’est parfaitement logique.

    Pourquoi prendre une licence pour faire du naturisme ?

    C’est un acte militant. Plus les licenciés sont nombreux, plus la Fédération pèse auprès des pouvoirs publics et des collectivités pour créer et préserver les plages naturistes, les créneaux piscine et les espaces dédiés. La licence finance aussi la communication de la Fédération auprès des médias, et elle est indispensable pour participer aux événements fédéraux — ChampionNAT’, tournois de beach-volley, rencontres internationales.

    À l’ANP, la licence FFN reste facultative : voir le détail sur la page Infos pratiques.

    Le regard des autres, et le sien

    Je n’ose pas montrer mon corps : je n’ai plus 20 ans, j’ai de la cellulite, des vergetures…

    Le temps passe et laisse ses traces à tout le monde : vieillir est une chose naturelle. Les corps que l’on voit dans les magazines n’existent pas dans la vraie vie — et surtout pas dans un vestiaire de piscine. C’est d’ailleurs le premier étonnement de la plupart des nouveaux venus : la diversité des corps est telle qu’on cesse très vite de s’observer.

    Je suis en situation de handicap, ou j’ai des séquelles de maladie. Serai-je accepté·e ?

    Bien sûr — et même : venez en priorité. Personne ne fixera vos cicatrices, personne ne vous fera de remarque. L’acceptation du corps est le socle du naturisme, et le respect n’est pas une politesse mais une règle.

    Je suis complexé par la taille de mon sexe. Les autres hommes vont-ils se moquer ?

    Non. Franchement, les gens ont autre chose à faire que de regarder le sexe des autres. C’est une inquiétude très répandue avant la première fois, et qui disparaît en général dans les dix premières minutes.

    J’ai peur d’avoir une érection. Que faire si ça arrive ?

    Il n’y a rien de moins érotique qu’une piscine naturiste un soir de semaine. Cette crainte vient de ce qu’on associe encore la nudité à une charge érotique — association qui tombe très vite sur place. Et si l’incident survenait, une serviette ou un paréo suffisent. Ce qui ne serait pas accepté, c’est de le laisser ostensiblement à la vue.

    Que faire si je croise une connaissance ?

    Lui dire bonjour. Si elle est là, c’est qu’elle partage la même pratique que vous : cela fait un point commun de plus, et une bonne anecdote pour la prochaine fois que vous la croiserez habillée.

    Mon ou ma partenaire ne veut pas en entendre parler. Comment le ou la convaincre ?

    C’est la question des forums naturistes. Ni insistance ni pression : la seule voie est le dialogue. Commencez par comprendre le refus — peur du jugement, pudeur, rapport difficile au corps, mauvais souvenir. Les associations organisent des occasions d’essayer en douceur : à l’ANP, l’apéro découverte et la première visite sont faits pour cela, et personne ne juge un rythme de progression.

    Questions pratiques

    Ai-je le droit de photographier les gens ?

    Clairement non, sauf accord explicite des personnes concernées. Les prises de vue se limitent au cercle familial et amical, en veillant à ne personne capter à l’arrière-plan. Beaucoup d’associations et de centres interdisent purement et simplement la photo à la piscine ou à la plage — c’est le cas sur nos créneaux, et la charte comme le règlement intérieur le rappellent.

    N’est-il pas dangereux d’exposer ses parties génitales au soleil ?

    Pas plus que n’importe quelle autre partie du corps. Un peu de crème solaire — parfois beaucoup, les premières fois — et le problème est réglé.

    Dois-je m’épiler ou me raser ?

    Comme vous voulez. Il n’existe aucune règle en la matière.

    J’ai un tatouage, un piercing.

    Les tatouages ne posent plus de question : les naturistes suivent la mode comme tout le monde. Le piercing génital, en revanche, attire l’œil sur une partie de l’anatomie — exactement ce que le cadre naturiste cherche à éviter. Il vaut mieux s’en abstenir, et il est d’ailleurs proscrit par le règlement intérieur de nombreuses associations et centres.

    Comment font les femmes pendant leurs règles ?

    Comme beaucoup de femmes : tampon ou coupe menstruelle, éventuellement avec le cordon raccourci ou replié. Celles qui préfèrent les serviettes portent un bas de maillot, souvent recouvert d’un paréo, le temps de leurs règles. Personne n’y prête attention.

    Puis-je chercher à séduire quelqu’un qui me plaît ?

    La séduction fait partie des rapports humains, et les naturistes n’y échappent pas. Mais elle s’exerce ici avec le même respect mutuel que partout ailleurs — et sans profiter de la nudité de l’autre. Ni lourdeur ni insistance : le regard appuyé et l’approche non souhaitée sont des motifs d’exclusion à l’ANP.

    Questions issues de la foire aux questions de la Fédération Française de Naturisme. Une question qui ne figure pas ici ? Écrivez-nous.

  • Le naturisme : une histoire et un mode de vie

    Le naturisme : une histoire et un mode de vie

    La définition du naturisme fréquemment donnée émane du Congrès de la Fédération Internationale de Naturisme en 1974 : « Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par une pratique de la nudité en commun, qui a pour conséquence de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et celui de l’environnement. »

    Un mode de vie

    Le naturisme permet d’accepter la nudité, la sienne et celle des autres. C’est un cadeau que nous pouvons faire à notre corps et à notre esprit. Ils le méritent bien !

    Le naturisme est l’ultime expression de la liberté et de l’égalité : nus, nous sommes tous plus égaux et libres dans notre corps. Les fractures et les exclusions du monde textile — classes sociales, défauts physiques… — sont estompées dans le monde naturiste.

    La nudité en commun, depuis la nuit des temps

    Le naturisme comme on le connaît aujourd’hui n’est vieux que d’un siècle. Cependant, la nudité en commun existe depuis la nuit des temps. Nos ancêtres lointains vivaient nus, se couvrant de peaux de bêtes uniquement quand la météo l’exigeait. Les premiers Jeux olympiques en Grèce étaient pratiqués nus, et le mot grec gymnos (nu) donna le mot gymnasium — le lieu où l’on s’entraîne nu. Les Romains construisirent des thermes dans toutes les villes de l’Empire, où la nudité intégrale était de mise. Cette nudité ne choquait personne : il suffit de contempler l’art ancien de l’Empire romain et du Moyen-Orient pour voir à quel point elle était banale.

    L’arrivée dominante de la chrétienté à Rome annonça une nouvelle ère de pudeur. Les premiers crucifix montraient le Christ nu jusqu’au VIe siècle ; le baptême se pratiquait nu jusqu’au VIIIe siècle. Entre le IIe et le IVe siècle, les adamites pratiquaient en Afrique du Nord un naturisme « sacré », à l’image d’Adam et Ève avant la chute. En 1372, Jeanne Daubenton, membre des turlupins — une secte inspirée des adamites — fut brûlée vive en place de Grève à Paris.

    Ailleurs dans le monde, les Japonais se baignent nus aux thermes depuis près de mille ans, dans une ambiance de détente où les générations se mélangent. Les Amérindiens, les insulaires du Pacifique et les Aborigènes d’Australie vivaient en harmonie avec la nature, portant peu ou rien selon la météo — jusqu’à l’arrivée de la pudeur occidentale, portée à son sommet par l’ère victorienne au XIXe siècle.

    La naissance du naturisme moderne

    Vers la fin du XIXe siècle commença une réaction contre le victorianisme. Le premier club naturiste fut créé en Inde en 1891, avec seulement trois membres. La philosophie naturiste naquit en Allemagne avec le FKK (Freikörperkultur) au début du XXe siècle et se répandit en France puis au Royaume-Uni. Le naturisme était associé à une vie saine : le soleil, l’air frais, le sport en plein air et, souvent, le végétarisme. Il gagna les États-Unis et le Canada dans les années 1930.

    Les premiers clubs étaient des sociétés secrètes, derrière de grands murs : les membres n’en parlaient pas à l’extérieur et ne donnaient pas leur nom de famille dans les revues naturistes. En 1931, Gaston et André Durville ouvrirent Héliopolis, le plus ancien village naturiste d’Europe, sur l’île du Levant. Le CHM-Montalivet, premier vrai centre naturiste, ouvrit en 1950 au nord de Bordeaux, suivi en 1975 par Euronat, le plus grand centre naturiste d’Europe. La fin des années 1960 vit la construction du quartier naturiste du Cap d’Agde, qui attira des naturistes du monde entier.

    Le naturisme libre

    La culture hippie des années 1960 et 1970 contribua à une plus large acceptation du naturisme. Le nombre de plages naturistes augmenta, une nouvelle génération voulut vivre un naturisme sans barrières, ouvert à tous. Ainsi naquit le naturisme libre : on n’était plus obligé d’adhérer à une fédération pour se dire naturiste, chacun devint libre de vivre le naturisme à sa façon — toute l’année, à l’extérieur comme à l’intérieur, ou uniquement au soleil en été.

    Ces dernières années, la nudité s’est aussi invitée dans les manifestations : la « World Naked Bike Ride » utilise la nudité pour souligner la fragilité des cyclistes face aux voitures et à la pollution. Même si ce genre d’événement n’est pas naturiste à la base, la joie des participants d’être nus et libres donne chaque fois envie à quelques spectateurs de tenter l’aventure.

    Quel futur pour le naturisme ?

    Aujourd’hui, le naturisme est ouvert à tout le monde et, dans le vrai esprit du mouvement, personne n’est jugé sur son apparence physique. Nus, nous nous présentons comme nous sommes. Sans cette barrière de tissu, nous n’avons plus rien à cacher, et nous sommes peut-être plus ouverts avec nos amis naturistes qu’avec nos amis « textiles ».

    Les fédérations naturistes — qui œuvrent toujours pour nos libertés — encouragent aujourd’hui chacun à assumer son naturisme et à en parler à son entourage. C’est en découvrant qu’un ami, un collègue ou un proche pratique le naturisme qu’un « textile » se laissera tenter. Et souvent, en en parlant autour de soi, on découvre qu’on n’est pas seul ! Vive le naturisme !

  • Ma première visite à l’ANP — et si vous osiez ?

    Ma première visite à l’ANP — et si vous osiez ?

    Trois membres racontent leur première fois en club naturiste : les appréhensions de départ, la surprise de l’accueil, et les raisons pour lesquelles ils sont revenus. Des récits sincères pour franchir le pas en confiance.

  • Naturisme et image du corps : ce que dit la science

    Naturisme et image du corps : ce que dit la science

    Plusieurs études en psychologie sociale montrent que la pratique régulière du naturisme améliore significativement l’image corporelle et l’estime de soi. Voir des corps réels, dans toute leur diversité, aide à accepter et apprécier le sien.