Le naturisme : une histoire et un mode de vie

Naturisme en pleine nature

La définition du naturisme fréquemment donnée émane du Congrès de la Fédération Internationale de Naturisme en 1974 : « Le naturisme est une manière de vivre en harmonie avec la nature, caractérisée par une pratique de la nudité en commun, qui a pour conséquence de favoriser le respect de soi-même, le respect des autres et celui de l’environnement. »

Un mode de vie

Le naturisme permet d’accepter la nudité, la sienne et celle des autres. C’est un cadeau que nous pouvons faire à notre corps et à notre esprit. Ils le méritent bien !

Le naturisme est l’ultime expression de la liberté et de l’égalité : nus, nous sommes tous plus égaux et libres dans notre corps. Les fractures et les exclusions du monde textile — classes sociales, défauts physiques… — sont estompées dans le monde naturiste.

La nudité en commun, depuis la nuit des temps

Le naturisme comme on le connaît aujourd’hui n’est vieux que d’un siècle. Cependant, la nudité en commun existe depuis la nuit des temps. Nos ancêtres lointains vivaient nus, se couvrant de peaux de bêtes uniquement quand la météo l’exigeait. Les premiers Jeux olympiques en Grèce étaient pratiqués nus, et le mot grec gymnos (nu) donna le mot gymnasium — le lieu où l’on s’entraîne nu. Les Romains construisirent des thermes dans toutes les villes de l’Empire, où la nudité intégrale était de mise. Cette nudité ne choquait personne : il suffit de contempler l’art ancien de l’Empire romain et du Moyen-Orient pour voir à quel point elle était banale.

L’arrivée dominante de la chrétienté à Rome annonça une nouvelle ère de pudeur. Les premiers crucifix montraient le Christ nu jusqu’au VIe siècle ; le baptême se pratiquait nu jusqu’au VIIIe siècle. Entre le IIe et le IVe siècle, les adamites pratiquaient en Afrique du Nord un naturisme « sacré », à l’image d’Adam et Ève avant la chute. En 1372, Jeanne Daubenton, membre des turlupins — une secte inspirée des adamites — fut brûlée vive en place de Grève à Paris.

Ailleurs dans le monde, les Japonais se baignent nus aux thermes depuis près de mille ans, dans une ambiance de détente où les générations se mélangent. Les Amérindiens, les insulaires du Pacifique et les Aborigènes d’Australie vivaient en harmonie avec la nature, portant peu ou rien selon la météo — jusqu’à l’arrivée de la pudeur occidentale, portée à son sommet par l’ère victorienne au XIXe siècle.

La naissance du naturisme moderne

Vers la fin du XIXe siècle commença une réaction contre le victorianisme. Le premier club naturiste fut créé en Inde en 1891, avec seulement trois membres. La philosophie naturiste naquit en Allemagne avec le FKK (Freikörperkultur) au début du XXe siècle et se répandit en France puis au Royaume-Uni. Le naturisme était associé à une vie saine : le soleil, l’air frais, le sport en plein air et, souvent, le végétarisme. Il gagna les États-Unis et le Canada dans les années 1930.

Les premiers clubs étaient des sociétés secrètes, derrière de grands murs : les membres n’en parlaient pas à l’extérieur et ne donnaient pas leur nom de famille dans les revues naturistes. En 1931, Gaston et André Durville ouvrirent Héliopolis, le plus ancien village naturiste d’Europe, sur l’île du Levant. Le CHM-Montalivet, premier vrai centre naturiste, ouvrit en 1950 au nord de Bordeaux, suivi en 1975 par Euronat, le plus grand centre naturiste d’Europe. La fin des années 1960 vit la construction du quartier naturiste du Cap d’Agde, qui attira des naturistes du monde entier.

Le naturisme libre

La culture hippie des années 1960 et 1970 contribua à une plus large acceptation du naturisme. Le nombre de plages naturistes augmenta, une nouvelle génération voulut vivre un naturisme sans barrières, ouvert à tous. Ainsi naquit le naturisme libre : on n’était plus obligé d’adhérer à une fédération pour se dire naturiste, chacun devint libre de vivre le naturisme à sa façon — toute l’année, à l’extérieur comme à l’intérieur, ou uniquement au soleil en été.

Ces dernières années, la nudité s’est aussi invitée dans les manifestations : la « World Naked Bike Ride » utilise la nudité pour souligner la fragilité des cyclistes face aux voitures et à la pollution. Même si ce genre d’événement n’est pas naturiste à la base, la joie des participants d’être nus et libres donne chaque fois envie à quelques spectateurs de tenter l’aventure.

Quel futur pour le naturisme ?

Aujourd’hui, le naturisme est ouvert à tout le monde et, dans le vrai esprit du mouvement, personne n’est jugé sur son apparence physique. Nus, nous nous présentons comme nous sommes. Sans cette barrière de tissu, nous n’avons plus rien à cacher, et nous sommes peut-être plus ouverts avec nos amis naturistes qu’avec nos amis « textiles ».

Les fédérations naturistes — qui œuvrent toujours pour nos libertés — encouragent aujourd’hui chacun à assumer son naturisme et à en parler à son entourage. C’est en découvrant qu’un ami, un collègue ou un proche pratique le naturisme qu’un « textile » se laissera tenter. Et souvent, en en parlant autour de soi, on découvre qu’on n’est pas seul ! Vive le naturisme !

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *