Il y a dans le naturisme une notion de partage que j’éprouve depuis 60 ans.
Michel — plus de 60 ans de naturisme

Transcription de l’entretien — juin 2026
Olivier : Ça marche. Bonjour !
Michel : Bonjour. Je m’appelle Michel. Je pratique le naturisme depuis plus de 60 ans aujourd’hui, en trois périodes.
La première période, c’était presque quelque chose comme le… le jardin d’Éden. C’est-à-dire la quête de la nature, la nature est là qui t’invite et qui t’aime. Et je cherchais. J’y suis allé par des… par des biais qui sont peut-être trop longs à expliquer maintenant, qu’un jour j’écrirai probablement. Et ça a duré 20 ans. J’étais quasiment seul jusqu’à un moment où, au bout d’une dizaine d’années, j’ai trouvé une ou deux amies qui m’ont accompagné dans ce chemin qui était un chemin de voyage.
Et puis est venue, pendant une trentaine d’années, une période de trentenaire — c’est ça — de sédentarité. Et là, j’étais plutôt dans le… plus dans le jardin d’Éden, mais dans le… dans le Cantique des Cantiques, c’est-à-dire dans une période de contemplation, mais en même temps où j’ai élevé mes enfants. Puisque j’ai eu deux fois deux enfants, et mes deux fois deux enfants, avec des épouses différentes, ont connu pendant une… plus de 15 ans en tout cas, différents lieux naturistes en France.
En particulier le Cap d’Agde où j’ai été résident pendant 15 ans avec des appartements. Et aussi, là je voudrais porter un témoignage, puisque ici on est dans un lieu qui correspond à ma troisième partie de vie : le Cap d’Agde n’est pas un lieu libertin comme on veut bien dire. Il y a peut-être 5 % de libertins et 95 % de gens qui recherchent un lien avec la nature. Je pourrais l’expliquer longuement, avec beaucoup d’expérience, et je connais bien tous les aspects de cette question-là.
La troisième partie de ma vie, depuis une quinzaine d’années à peu près, je la qualifierais sous le nom du désir. C’est-à-dire que j’ai quitté le Cap d’Agde il y a une douzaine d’années, pour des tas de raisons de vie personnelle et professionnelle, et en venant à l’ANP maintenant il y a plus ou moins 12-15 ans, j’ai trouvé effectivement cet accueil, cette tolérance que j’avais déjà observée avant, cette bienveillance.
Et pour terminer sur un simple mot qui date d’aujourd’hui : tout à l’heure, quand j’étais à l’arrêt du bus pour venir à cette assemblée générale, j’ai vu un monsieur que je ne connaissais pas, et il parlait avec un autre, qui nous a fait tout à l’heure la visite, que je ne connaissais pas non plus. Et ce monsieur, qui s’appelle Bertrand, a dit sans qu’il s’adresse à moi : « Moi ce que j’aime, c’est le partage ».
Et effectivement, il y a dans le naturisme une notion de partage que j’éprouve depuis 60 ans.
Olivier : Merci beaucoup !

